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Conception d’un centre spirituel pour la congrégation des Sœurs du Cénacle au TOGO par Patriarche Architecture.

Patriarche Office of Architecture, est une agence d’architecture pluridisciplinaire tournée vers l’innovation, qui approche chaque projet comme des univers singuliers. Les 175 collaborateurs, aujourd’hui implantés au sein de bureaux à Paris, Lyon, Bordeaux, Chambéry et Montréal,

Patriarche Office of Architecture, est une agence d’architecture pluridisciplinaire tournée vers l’innovation, qui approche chaque projet comme
des univers singuliers. Les 175 collaborateurs, aujourd’hui implantés au sein de bureaux à Paris, Lyon, Bordeaux, Chambéry et Montréal, traitent de sujets d’urbanisme et d’architecture, publics ou privés, en France et en Europe mais aussi en Afrique, Asie, Amérique du Nord…

La démarche de l’agence a été avant tout de respecter le site et de s’adapter aux contraintes imposées par la complexité du contexte économique du Togo. La nécessité d’utiliser les savoir-faire locaux fut une évidente dès le premier voyage sur place. Cela s’est traduit par la réutilisation d’une technique constructive ancienne : l’utilisation de l’adobe (ou brique de terre compressée). Au regard du climat contraignant, et de l’environnement naturel assez hostile, le projet a été conçu pour être le plus autonome possible dans l’utilisation des ressources naturelles, et le plus économe possible dans la consommation d’énergie.

Les contraintes liées au pays et au site

Le climat africain chaud et humide est caractérisé par un ensoleillement important et des températures élevées, même la nuit, ainsi qu’un taux d’humidité élevé. Tous ces paramètres doivent être pris en compte lors de la conception architecturale et technique afin d’apporter un bon confort thermique des occupants. Le taux d’humidité élevé de l’air empêche le refroidissement de l’air par évaporation de l’eau (la sueur). Augmenter la vitesse de l’air permet d’augmenter les échanges de chaleur et d’atteindre un niveau de confort suffisant. Ainsi, une vitesse d’air de 1m/s équivaut à une sensation de 4°C de moins par rapport à la température ambiante et donc une sensation de fraicheur aux occupants. Une telle vitesse est obtenue avec un débit de ventilation de l’ordre de 10 volumes par heure. Il est donc important de favoriser une ventilation naturelle en limitant les obstacles à l’écoulement de l’air extérieur dans le bâtiment et en étudiant l’écoulement de l’air. Par ailleurs, la température nocturne étant élevée, la « fraicheur » nocturne ne peut pas être utilisée pour refroidir les bâtiments pendant la journée en utilisant l’inertie, comme sous nos climats européens. Une bonne solution pour combattre les apports solaires est d’apporter des protections solaires à l’ensemble du bâtiment (murs, baies et toiture).

Le centre spirituel pour la congrégation des sœurs du Cénacle est un bâtiment d’une superficie de 7500 m² environ à Pedakondji Vogan à 40 km au nord de Lomé (Togo). Il s’agit d’un projet à l’architecture bioclimatique, qui s’inscrit pleinement dans la dynamique du développement durable. Ce centre spirituel avait pour vocation d’héberger en permanence une communauté de Religieuses reconnue par l’État Togolais.Elles-mêmes susceptibles de recevoir des retraitants en quête de spiritualité, des groupes de jeunes pour des enseignements divers ou encore des Religieuses « novices » qui entrent progressivement dans la communauté. Ajouté à cela, il était également prévu que la population locale ait une véritable opportunité de travail et par la même occasion une formation professionnelle grâce à leur participation active au chantier du centre spirituel. Le projet devait d’accueillir 150 personnes à héberger et 900 personnes en effectif maximum pour jouir du confort apporté par les diverses bibliothèque, salle de lecture, salle audiovisuelle, salles à manger, oratoires, salle de réunions ou encore infirmerie… Le programme se composait de 19 chambres simples, 28 chambres doubles et 2 dortoirs.

La conservation de l’architecture locale est une chose mais la réinterprétation de cette architecture par rapport à son sujet en est une autre. La pérennité de l’image passe avant tout par la pertinence entre le sujet et le bâtiment. Autrement dit, nous nous sommes servi d’une base de données foisonnante fournie par l’existant comme source d’inspiration et comme moyen de répondre à la demande de la maîtrise d’ouvrage : un centre spirituel moderne et fonctionnel tout en conservant le style local. Aujourd’hui, le bâtiment est capable de porter son enveloppe, d’assurer sa protection et sa pérennité.

L’architecture bioclimatique est un mode de conception qui consiste à trouver le meilleur équilibre entre un bâtiment, le climat environnant et le confort de l’habitant. Une de nos principales contraintes a été le climat : deux grandes saisons partagent l’année au Togo, une période sèche de novembre à mars et une saison des pluies d’avril à octobre même si l’humidité est constamment élevée d’un bout à l’autre de l’année. De plus, lors des grosses chaleurs, la température de nuit est quasiment aussi élevée que la température de jour. Au regard de ce climat contraignant et de l’environnement naturel proche assez hostile, le projet a été conçu pour être le plus autonome possible dans l’utilisation des ressources naturelles et le plus économe possible dans la consommation d’énergie.


Une autre contrainte importante a été la présence omniprésence d’insectes dangereux pour l’homme. Travailler localement sans les vaccins appropriés aurait été impossible, de plus des animaux dangereux comme des scorpions, des araignées ou encore des serpents sont présents au Togo. La nécessité d’utiliser les savoir faire locaux est apparue évidente dès le premier voyage sur place. Cela s’est traduit par la réutilisation d’une technique constructive ancienne : l’utilisation de l’adobe (ou Brique de Terre Compressée).

Cet élément vient rythmer les garde corps ajourés, dessiner les arcs en plein cintre, créer l’habillage des poteaux ou encore remplir les façades… La répartition judicieuse des coûts en fonction des besoins est aussi une piste vers l’économie du projet. Par une définition précise du programme, nous sommes arrivés à une architecture au coût global maîtrisé ; respectueuse de la demande. La faible émission de CO2 due à l’utilisation du matériau du site est aussi un facteur économique puisque le coût de transport est nul. En plus de ne pas être « énergivore », il est également voulu que le bâtiment coûte le moins possible à l’usage dans le long terme ; le fait d’être le plus autonome possible en est déjà un élément de réponse.

Mission complète et suivi de la réalisation avec notre ingénierie intégrée et l’appui pour le quotidien du chantier, d’un architecte local, Jean-Philippe Kangni. A noter, que la communauté des sœurs s’est également mobilisée avec l’aide d’un jeune ingénieur en V.I.E (Volontariat International en Entreprise) pour le suivi qualité du projet).

Année : 2013  Pedakondji Vogan, Togo ; Surface : 7 756 m²

 

ÉQUIPE
SA3C GROUPE SOCOTEC
Jean Philippe KANGNI (Architecte local associé)
Maître d’oeuvre : Patriarche Architecture
www.patriarche.fr

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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