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Développement durable: Interview du promoteur de la ferme bio modèle en Afrique “projet songhai”

FRERE GOGFREY NZAMUDJO «L'Afrique doit apprendre à ne compter que sur elle-même» Rien ne le prédestinait au travail de la terre, en tant qu'ingénieur électronicien et Prêtre Dominicain. Pourtant, il a donné la preuve que le diplôme

FRERE GOGFREY NZAMUDJO

«L’Afrique doit apprendre à ne compter que sur elle-même»

Rien ne le prédestinait au travail de la terre, en tant qu’ingénieur électronicien et Prêtre Dominicain. Pourtant, il a donné la preuve que le diplôme n’est qu’une clé pour ouvrir une porte. votre réussite dépend de l’usage que vous en faites une fois la barrière de l’ignorance franchie. Le Frère Gogfrey Nzamudjo, promoteur du Projet Songhaï revient ici sur l’origine de cette initiative pourvoyeuse d’emplois et génératrice de richesses.

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Quel est le secret de la réussite du projet songhaï ?

Il n’y a pas eu de secret. Il y a eu seulement la détermination d’un homme qui a cru et continue de croire que l’homme noir peut vaincre sa pauvreté rien qu’en se servant de son intelligence. Le projet Songhaï est le résultat d’une vision. Une vision selon laquelle l’Afrique peut changer. Et pour changer, elle ne doit compter que sur elle-même. J’ai refusé de regarder négativement l’Afrique comme tout le monde.

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Ce projet, je l’ai démarré sur un hectare avec six élèves Beaucoup n’y croyait pas. Mais au fil des ans, face à ma détermination et ma ténacité, les fruits ont commencé par tenir la promesse des fleurs. C’est dire que désormais, l’Afrique doit muer la connaissance théorique en connaissance pratique totalement adaptée à ses réalités intrinsèques. Le secret de Songhaï est la foi, la détermination, le courage mais aussi la culture de la discipline de tous ses animateurs qui ont compris que le vrai développement est celui que l’on construit soi-même.

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Peut-on dire que vous êtes le seul fondateur de ce projet ?

Les gens disent toujours qu’on commence quelque chose qui vaut la peine généralement avec une personne. Il est vrai, à l’origine de ce projet, j’étais seul. Mais le plus important pour moi à l’époque était de faire accepter cette idée, partager cette passion avec d’autres personnes pour qu’elles continuent le travail après-moi. Aujourd’hui, je peux dire que ce projet a commencé par avoir un effet de boule de neige car il est déjà sorti du Bénin pour être expérimenté au Libéria par exemple.

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Au-delà des schémas classiques de lutte contre la pauvreté que peut réellement apporter le projet songhaï au développement rural ?

Dire qu’on veut lutter contre la pauvreté sonne négatif chez moi. La pauvreté, c’est l’incapacité d’une population, d’un peuple d’amorcer les forces internes pour faire face aux besoins et aux désirs inhérents à l’Homme. Si l’on comprend le dynamisme de la mobilisation des forces pour la création des richesses, on ne doit pas parler de lutte contre la pauvreté mais plutôt de combat pour la création des richesses. Il suffit de rendre le pauvre producteur pour le rendre indépendant du vicieux cercle de charité, de solidarité. C’est le choix que Songhaï a opéré pour sortir les jeunes sans emploi des griffes de la misère et de l’oisiveté. Songhaï leur apprend à produire les richesses et partager ces richesses avec d’autres. Notre ambition est de créer une chaîne de savoir-faire susceptible de ceindre les poches de misère.

Comment appréciez-vous l’extension du projet Songhaï aux autres départements du Bénin ?

Le projet Songhaïa développé aujourd’hui une expertise entrepreunariale capable d’appuyer les jeunes sont décidés à sortir de la misère. Il leur offre un cadre approprié dans lequel ils apprennent la culture de l’auto emploi, de la discipline sans laquelle rien de grand ne peut se construire. Ce modèle ne peut être l’apanage d’un seul département. C’est la raison pour laquelle nous envisageons de couvrir tout le Bénin.

Le séminaire apporte un rayonnement continental au projet Songhaï. Comment envisagez-vous faire face à ce nouveau défi, puisque désormais, tous les regards seront focalisés sur le centre Songhaï ?

Nous sommes prêt à transposer le modèle de réussite de ce projet partout où besoin sera dans le monde. Souvenez-vous, lorsque nous l’avions démarré ici au Bénin il y a une vingtaine d’années, personne ne croyait en notre succès. Aujourd’hui, Songhaï a développé un capital d’expériences qu’il est en mesure de promouvoir et d’exporter partout où besoin sera dans le monde.

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Foi et action : stratégie du Frère Godfrey Nzamudjo

Issu d’une famille dont les ancêtres appartiennent à la couche sociale des esclaves revenus des Amériques pour s’installer en pays Ibo au Nigeria, Godfrey Nzamudjo est né en 1949.

A l’âge de 20 ans, la guerre du Biafra a été un tournant dans sa vie. Devant les destructions, les exactions de toutes sortes et surtout la mort de plusieurs de ses amis et proches, le futur promoteur du Centre Songhaï a su puiser en lui-même les ressources morales et spirituelles nécessaires pour gérer les traumatismes de cette guerre civile qui a conduit son pays au bord de l’éclatement. «J’en suis sorti révolté et désireux d’être un acteur du changement.

Le besoin de recherche spirituelle et de vie communautaire, le fait entrer au noviciat chez les prêtres dominicains après des études de théologie. Il devient prêtre et quitte le Nigeria pour la ville française de Lyon. C’est le début d’une carrière qui va prendre corps à la fin des années 1970 quand il partira pour les Etats-Unis pour continuer ses études en informatique. Il complétera sa formation par des études en microbiologie et en chimie, sans savoir à l’époque combien elles lui seraient précieuses dans le combat qu’il choisira d’engager contre les idées préconçues reçues sur les problèmes de développement en Afrique.

A la fin de ses études, il travailla une dizaine d’années aux Etats-Unis comme professeur d’université en électronique-informatique. Le déclic pour le retour sur le continent africain viendra des images de la grave sécheresse qui a frappé l’Ethiopie dans les années 1982-1983. Le prêtre dominicain se sent donc interpellé. Pour lui, l’heure de l’action a sonné. En 1985, il est arrivé dans ce pays, alors la République populaire du Bénin et a demandé au gouvernement un terrain.

L’«aventure Songhaï» commença avec une équipe de six (06) jeunes déscolarisés. Le projet a été officiellement inauguré le 05 octobre 1985 et ce fut le déclic.

Godfrey Nzamudjo a reçu en 1993, le Prix leadership Africa. Il est entre autres, membre de la Commission indépendante des Nations Unies pour l’Afrique où il travaille dans le secteur des Communications et des nouvelles technologies de l’information.

source L’AUTRE Quotidien  N°781 du Vendredi 28 Septembre 2007

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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