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Diplôme/BURKINA FASO: Dori au carrefour des transhumances transfrontalières au sud du sahel : la cour partagée

Habiter l'immensité Penser en réseaux le maillage traditionnel nomade La cour partagée DORI AU CARREFOUR DES TRANSHUMANCES TRANSFRONTALIÈRES AU SUD DU SAHEL Marine Tessieux Iris Maligot  PFE ENSAG juin 2013 PFE lauréat du concours art urbain 2012

Habiter l’immensité Penser en réseaux le maillage traditionnel nomade La cour partagée

DORI AU CARREFOUR DES TRANSHUMANCES TRANSFRONTALIÈRES AU SUD DU SAHEL

Marine Tessieux Iris Maligot  PFE ENSAG juin 2013

diplome-burkina-faso-dori-au-carrefour-des-transhumances-transfrontalieres-au-sud-du-sahel-la-cour-partagee-8 PFE lauréat du concours art urbain 2012 mention qualité de la vie sociale

Directeur d’études : Patrick Thépot

Assistante: France-Laure Labeeuw

Responsable du Master Aedification-Grands Territoires-Villes : Françoise Véry

Aujourd’hui, le Burkina Faso est empreint d’un véritable décalage entre les territoires très urbanisés, dont Ouagadougou est représentative, et les territoires ruraux. Cet écart se traduit par un accès aux ressources inégal et à des modes de vie très éloignés. Un phénomène d’exode rural provoque l’accroissement des populations urbaines et certaines communes se trouvent submergées par l’arrivée massive de populations. Aussi, les autorités territoriales doivent repenser l’organisation des villes.

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Aux portes du désert, Dori, au sud du Sahel, est la ville des échanges transfrontaliers. Elle fait partie de ces villes moyennes dont la population augmente et tente de faire cohabiter les modes de vie traditionnels, qu’ils soient sédentaires ou nomades, et contemporains. De plus, elle émet aujourd’hui le besoin de se développer et la volonté de se dynamiser.

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Sa position particulière dans le territoire en fait une ville sujette à des enjeux importants. Le climat sahélien repose sur une alternance de plus en plus marquée de saisons sèches et de saisons des pluies, provoquant sécheresses et très fortes chaleurs ou inondations. L’eau apparaît comme un facteur régulateur du territoire qu’il est nécessaire de savoir gérer. La nature des sols de la commune en fait un territoire propice à l’activité pastorale, qui constitue un socle pour l’économie de la ville et un véritable potentiel à exploiter pour dynamiser et valoriser Dori.

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Il s’agit de penser la création d’un nouveau quartier pour la ville de façon à offrir une certaine qualité de vie à la population grandissante de Dori, et d’affirmer son identité de capitale de la région du Sahel.

La ville de Dori et son environnement proche constituent une zone sèche qui se caractérise par la forte variabilité des précipitations et par un déficit pluviometrique permanent en saison sèche. L’indice d’aridité important se traduit par une forte insolation et des températures élevées, entraînant une faible humidité de l’air et une évaporation forte. Ces éléments ont pour conséquence un déficit d’approvisionnement en eau de la végétation.

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Il s’agit d’une zone dans laquelle l’eau est un facteur limitant pour la production agricole, fourragère, de bois et autres éléments de l’écosystème. Ces données climatiques influent tant sur la production agricole que sur l’entretien d’une activité d’élevage, notamment en considérant le ravitaillement des animaux. Au-delà de Dori vers le nord, la végétation se raréfie et, par endroit, elle disparaît pour laisser progressivement place au désert de sable.

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DORI, VILLE DE MIXITE CULTURELLE

La ville de Dori est née de la sédentarisation de ce peuple nomade au nord du Burkina Faso. Elle constitue une véritable ville étape avant l’entrée dans le désert du Sahel, permettant de s’y restaurer ou d’y séjourner brièvement. Lieu de passage, la ville conserve une richesse traditionnelle Peul dans les modes de vie et les savoir-faire liés à l’activité d’élevage et au traitement artisanal du cuir. Avec l’arrivée de nouveaux groupes ethniques, le développement des activités, l’implantation des services administratifs, le brassage culturel renforce la coexistence culturelle observée de nos jours au Burkina Faso.

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LE SAHEL ET LES GRANDS ENJEUX DE L’AGROPASTORALISME

L’élevage joue un rôle central dans l’économie des pays ouest-africains offrant une contribution au PIB agricole allant parfois jusqu’à 44 %. Avec plus de 60 millions de têtes de bovins, 1 60 millions de petits ruminants et 400 millions de volailles, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest s’imposent comme une région d’élevage par excellence.

Cette activité constitue une assurance pour les populations dont l’existence repose sur l’agriculture pluviale. En effet dans les zones dites ‘arides’ l’élevage et l’agriculture fonctionnent de paire pour compenser la perte de rentabilité en saison sèche.

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La région du Sahel compte 38,2 % de zones arides, peu favorables au développement de la production végétale. Ainsi, l’élevage constitue, en saison sèche, le seul mode de valorisation des zones écologiques fragiles où vivent des populations vulnérables en termes de revenus et de sécurité alimentaire.

La ville de Dori, à l’image de l’Afrique de l’Ouest, est aujourd’hui un exemple typique d’une ville qui dispose de toutes les composantes nécessaires à une activité d’élevage. L’activité d’agropastoralisme est régie par les saisons et les allers et venues des transhumances et permet une compensation des productions agricoles en saison sèche.

La ville de Dori est un carrefour d’échanges liés à l’activité d’élevage et au nomadisme. Elle connaît depuis quelques années des changements climatiques importants qui influent sur les conditions de vie des populations. Cette évolution participe, entre autres, à l’accroissement de la population urbaine, poussant la ville à s’étendre à l’ouest dans un futur proche. Le croisement de ces différentes données semble indispensable pour proposer des hypothèses de projets les plus pertinentes possibles dans l’accompagnement du développement urbain futur.

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Notre proposition vient ainsi en réponse à des besoins et des volontés clairement énoncés par la commune de Dori : l’extension de la ville, la problématique de relogement des familles sinistrées, l’intégration d’un projet culturel et l’implantation d’infrastructures liées à l’élevage. Cependant, cette proposition se veut comme une alternative au nouveau quartier proposé par la ville, prenant plus en compte les usages, les édifices et les activités déjà ancrés sur ce territoire de l’ouest.

ACCUEIL DES PEUPLES NOMADES À DORI

LE NOMADISME À DORI

La vocation pastorale de la ville de Dori et les ressources en eau disponibles – dues à la présence de la mare – en font un lieu d’accueil traditionnel des peuples nomades lors de la saison sèche, durant 5 à 6 mois. Lors de cette période, les modes de vie sédentaires et nomades se croisent. Les éleveurs de Dori et les éleveurs en transhumance partagent les ressources en eau et en pâturage disponibles et cohabitent de manière informelle et spontanée. Cette cohabitation se reflète dans les cheminements d’usage, dessinés par les allers et venues entre la mare et les parcelles exploitées.

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HABITATS NOMADES

Les populations sahéliennes sont en partie constituées de peuples nomades et semi-nomades qui se déplacent selon les ressources nécessaires à l’élevage du bétail. Ce mode de vie exige une architecture sans fondations, légère, facile à démonter et à remonter. Les habitations, ancrées au sol par un minimum de mâts en bois, prennent généralement des formes aérodynamiques qui leur permettent de résister aux vents et aux tempêtes de sable et qui compensent la légèreté de leur structure. Ces structures peuvent être recouvertes, selon la région et le climat, des peaux de chèvres, de vaches, de chameau ou encore de nattes tressées et de tissus épais. Cette forme d’habitat ne laisse pas de traces sur le territoire, les nomades quittant celui-ci comme ils l’ont trouvé. Dans l’habiter nomade, les êtres humains et le bétail sont très dépendants les uns des autres : s’il faut se déplacer pour nourrir les animaux, ils fournissent nourriture et matériaux de construction et transportent la « maison » sur leur dos quand le groupe se déplace.

diplome-burkina-faso-dori-au-carrefour-des-transhumances-transfrontalieres-au-sud-du-sahel-la-cour-partagee-3Aujourd’hui Dori n’organise pas de façon particulière l’accueil des peuples nomades et de leurs troupeaux. Il semble cependant important de permettre à cette ville carrefour de perpétuer la tradition et d’encourager la pratique des transhumances, aujourd’hui mise en danger par l’étalement urbain et le rétrécissement des espaces de pâturage au profit de terres dédiées à l’agriculture. L’intégration de cet enjeu d’accueil à la création d’un nouveau quartier favoriserait la consolidation de l’activité pastorale et la cohabitation de modes de vie différents.

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Le principe de la cour partagée offre une nouvelle configuration de l’habitat qui permet des usages et une convivialité différents de la cour traditionnelle. Il s’agit de penser un lieu spécifique qui favorise l’accueil des nomades parmi les habitants de Dori. L’idée d’une « semi -sédentarité » qui combinerait modes de vie sédentaire et nomade, offrirait à ces populations l’expérience de la vie urbaine durant la moitié de l’année.

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Comme une sorte de caravansérail réinterprété, ce lieu pourrait permettre aux éleveurs nomades et aux éleveurs sédentaires de Dori, issus de mêmes cultures, de créer des relations autres qu’économiques. Si des liens familiaux existent entre ces populations, la cour traduit aussi l’idée de communauté. La cour partagée permet également l’intégration de nouveaux modes de vie propres au Burkina Faso, réinterprétant l’habitat typique des populations africaines.

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VIVRE DEHORS ET VIVRE ENSEMBLE, LA COUR AUJOURD’HUI

L’habitat traditionnel s’organise autour d’une cour, aussi bien dans les secteurs urbains que ruraux. Ce type d’habitat reflète la culture burkinabé du « vivre dehors » et de la vie en communauté, le plus souvent représentée par la famille étendue. La cour constitue une véritable propriété, plus que la maison en elle même. Elle est entourée de murs en briques qui établissent une limite par rapport à la rue.

diplome-burkina-faso-dori-au-carrefour-des-transhumances-transfrontalieres-au-sud-du-sahel-la-cour-partagee-13Les murs protègent la cour intérieure, espace plus intime, des intempéries et offrent des espaces ombragés indispensables au confort du « vivre dehors ». On y trouve plusieurs habitations, appartenant à différents membres d’une même famille qui partagent l’espace commun non construit de la parcelle. Les familles peuvent être très étendues, comptant parfois une dizaine de personnes. Il arrive que les enfants construisent ainsi leur propre habitation dans la parcelle familiale et que grands parents, parents, cousins et enfants cohabitent. La cour constitue également un élément important lié à l’activité pastorale, puisque la majorité des éleveurs y gardent leur troupeau.

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Les habitations sont fréquemment construites en banco sur la base du « six tôles », qui forment la toiture de tôle « typique » des maisons contemporaines africaines. L’habitat est souvent minimal et se compose de chambres et d’un salon. L’espace intérieur n’est pas pensé comme un lieu de vie, mais comme un lieu de repos. En effet, la maison ne se compose pas seulement de ce qui se trouve sous un toit et le dehors est autant investi que le dedans. On cuisine, on mange, on reçoit des amis et on travaille à l’entrée de la maison, à l’ombre des arbres et des débords de toiture. Le « vivre dehors » et la vie en communauté apparaissent ainsi comme des éléments fédérateurs de la pensée de l’habiter à Dori.

DIVERSITÉ DES UNITÉS D’HABITATIONS

La proposition de la cour partagée, introduite par l’idée d’accueil des nomades dans les cours, répond également à des évolutions des modes de vie urbains au Burkina Faso.

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La cour partagée intègre des emplacements réservés à l’accueil des nomades pour la moitié de l’année. Ils peuvent se situer, selon les configurations, en remplacement d’une habitation à l’intérieur de la cour, ou dans la continuité de celle-ci. Dans cette deuxième hypothèse, les tentes nomades prennent place dans un espace plus généreux à l’arrière de la parcelle, qui permet aux éleveurs de garder leurs animaux dans la cour et offrent aussi un accès direct aux espaces de pâturages. Cet espace offre un accès direct aux espaces sanitaires et se trouve plus intime, protégé du reste des habitations par un muret.

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VIVRE DEHORS, ESPACES INTIMES ET ESPACE PARTAGÉS

La cour partagée constitue un lieu convivial pour ses habitants, protégée de la rue mais en lien avec celle-ci grâce à des murs de briques ajourés. Ces murs agissent comme des filtres entre l’espace public et l’espace partagé, la cour profitant cependant de l’ambiance sonore et visuelle de la rue. L’idée du seuil de la cour traditionnelle se trouve ainsi réinterprété, accentué ponctuellement par des plantations sur le devant des parcelles partagées. La proposition de cour établit un espace moins privatif qu’une cour traditionnelle, puisqu’il s’agit d’un lieu partagé par plusieurs familles. Les différentes typologies d’unité d’habitation et leurs configurations offrent une hiérarchisation des espaces extérieurs et certaine souplesse d’appropriation de ceux ci.

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Le devant des habitations offre un espace libre d’appropriation pour les familles. Cet espace est pourvu d’une certaine notion d’intimité plus ou moins importante selon les typologies. Démarqué par le débord de toiture des modules, il se trouve investi par les familles, qui peuvent ainsi cuisiner, bavarder et l’investir comme elles le feraient dans une cour traditionnelle. La taille de l’habitat proposé est rendue légitime de par l’usage important des espaces extérieurs par les familles burkinabés. De la même manière, l’emplacement prévu des tentes nomades offre aux éleveurs un espace extérieur qu’ils peuvent s’approprier au sein de la cour.

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Au centre de la parcelle, un arbre offre un espace protégé du soleil qui peut être partagé par tous les habitants. L’ombre agit comme un vecteur de sociabilité et traduit l’idée de communauté véhiculée par la cour partagée. Il s’agit d’un lieu où le voisinage peut se retrouver, échanger et tisser des liens.

DES HABITATIONS EMPREINTES DU TERRITOIRE

BATIR AVEC DES MATERIAUX LOCAUX

Les unités d’habitation se déclinent selon trois typologies : sous forme d’un studio de 20m2, d’un salon et d’une chambre de 40m2 ou d’un salon et de deux chambres de 60m2.

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Les matériaux de construction pour la cour et les habitations sont issus de différents secteurs d’activités locales. Les murs de la cour et des modules sont composés de murs en briques fabriquées dans les deux carrières du quartier. Certaines des toitures sont aussi réalisées en peaux d’animaux, rappelant celles des tentes nomades. Cette culture constructive consolide l’idée du pastoralisme comme ressource et valorise l’activité de tannage présente à l’échelle de la commune de Dori. Elle permet également de promouvoir symboliquement la relation d’interdépendance entre êtres humains et animaux dans un territoire à vocation pastorale, rappelant aussi l’importance de cette relation dans l’habitat nomade.

 

La toiture courbée permet une récupération des eaux de pluies et une ventilation nécessaires aux grandes chaleurs auxquelles est soumise la région. Les murs des habitations soutiennent ainsi des poutres en béton précontraintes sur lesquelles reposent les toitures en peau ou en tôle ondulée, selon la disponibilité des matériaux et les moyens des familles. Une natte tressée, matériaux local, assure la couverture des modules en briques, le tout formant une double toiture ventilée. Lors de la saison des pluies, la peau permet l’imperméabilité de la toiture et confère une ambiance sonore agréable. La natte tressée isole l’habitation en hiver et la protège du vent et de la poussière en saison sèche. Malgré des murs épais et fixes composé par les briques, les habitations évoquent l’habitat nomade de par leurs toitures légères et courbées.

OPTIMISER LES RESSOURCES EN EAU

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La forme des toitures permet aussi une récupération des eaux de pluies, importantes en saison humide, grâce à un réseau hiérarchisé de gouttières situées sur le haut des murs des cours et des habitations. L’eau est récupérée dans des rigoles et dans des citernes qui alimentent les sanitaires partagés et servent pour l’usage domestique. Les deux cuves par cour, d’une capacité totale de 50m3, permettent ainsi de récupérer entre 300 et 800 mm de précipitations annuelles à Dori. Les cuves recueillent ainsi l’eau abondante lors de la saison des pluies et offrent une ressource en eau plus stable pendant les 8 mois de la saison sèche.

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Les eaux domestiques usées peuvent ensuite être récupérées pour être traitées par lagunage, via un réseau de caniveaux. Ce système, déjà utilisé au Burkina Faso, notamment à Ouagadougou, permet ensuite d’irriguer les champs. L’utilisation des eaux usées récupérées pour le maraîchage permet entre autres de compenser le déficit hydrique du secteur agricole en saison sèche et d’améliorer le rendement des cultures.

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La récupération des eaux de pluies, au niveau des toitures, est déjà pratiquée de manière traditionnelle et « informelle » pour pallier au manque d’eau dans les régions arides comme celles du Sahel. Le système proposé pour la cour partagée permet une ressource en eau alternative, destinée à des usages domestiques. Les sources d’approvisionnement classiques, comme les bornes fontaines et les puits busés qui fournissent de l’eau potable aux populations, sont ainsi préservées.

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Le concept de cour partagée offre une nouvelle configuration de l’habitat qui permet un mode de vie et une convivialité différents de la cour traditionnelle et confère une dimension sociale au quartier.Lors de la saison sèche, les nomades sont accueillis au sein des cours et participent à la vie sédentaire du quartier. Les cours partagées proposent différentes typologies d’habitations qui permettent une souplesse d’appropriation des espaces extérieurs. La cour partagée apparaît comme un outil d’architecture qui répond à la question territoriale qu’engendre la création d’un nouveau quartier en lien avec l’activité pastorale. La réflexion sur le croisement du désert et l’extension de la ville se prête aux différents enjeux que connaît le Sahel aujourd’hui.

 

CONCLUSION

La pensée du territoire en réseaux et la cour partagée proposent un nouveau mode de vie au sein du quartier. L’élevage y est conforté par une implantation d’habitations soucieuse de la place accordée aux parcelles de pâturages et par les infrastructures liées à l’activité pastorale. L’accueil des populations nomades permet la perpétuation de la tradition et le soutien des pratiques de transhumances. La cohabitation proposée entre nomades et sédentaires intègre aussi les nouveaux modes de vie urbains propres à Dori. Le réseau de ressources mis en place est à l’écoute du territoire et veille à ce que la mare soutienne le développement du nouveau quartier, sans pour autant constituer un danger pour les populations. Ces différents paramètres créent un quartier situé entre le rural et l’urbain et apportent une réponse à l’extension de la ville à l’ouest.

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Les interventions effectuées à différentes échelles permettent de penser le territoire dans son ensemble. L’échelle de l’habitation, celle de la cour, de l’îlot, du quartier et du grand territoire ont un impact les unes sur les autres et se trouvent intimement liées. Ce quartier constitue une alternative pour penser l’évolution de la ville du fait de son orientation vers les aspects pastoral et traditionnel. Dans un futur proche, lorsque la ville sera amenée à s’étendre encore plus à l’ouest, cette organisation pourra de nouveau être envisagée. Habiter l’immensité.

 

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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