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Portrait d’architecte: Francis Kéré la fierté africaine…

Un art de bâtir qui utilise les compétences et les matériaux locaux, qui tient compte du contexte, implique la population et vise l’essentiel. Né en 1965, Kéré a grandi à Gando, à 200 kilomètres de Ouagadougou

Un art de bâtir qui utilise les compétences et les matériaux locaux, qui tient compte du contexte, implique la population et vise l’essentiel.

Né en 1965, Kéré a grandi à Gando, à 200 kilomètres de Ouagadougou au Burkina Faso.Faute d’école à Gando, Kéré part à l’âge de sept ans pour faire ses études à Ouagadougou.Après sa scolarité, il devient charpentier.Jeune charpentier, il est recruté par une ONG allemande qui le repère et l’envoie vers l’âge de vingt ans poursuivre ses études à Berlin, où il entame un cursus d’architecture. Il étudie l’architecture à Berlin, où il obtient son diplôme à l’Université technique de Berlin en 2004.

Pendant ses études, en 1998, il crée l’association Schulbausteine für Gando (« Des briques pour l’école de Gando ») pour financer son premier projet, une école primaire dans son village. Sa première école est faite de terre, et terminée en 2001.

Il a obtenu le Prix d’architecture Aga Khan. Dans les années suivantes, Kéré travaille même sur d’autres projets à Gando et dehors.

Dans chaque projet la communauté entière participe à son développement. De cette façon, ils apprennent les techniques de construction et comment l’entretenir.

Marqué par les difficultés d’accès à l’enseignement dans son enfance, il consacre sa carrière à imaginer des écoles ainsi que des équipements sociaux et culturels dans son village, aux alentours et aujourd’hui dans les pays voisins, essentiellement en milieu rural.

Mais pas à l’occidentale : ses bâtiments sont réalisés à partir de la terre rouge locale, construits par des gens formés sur place, et répondent aux besoins climatiques de la région – un système de toiture ventilée modère l’inconfort de la forte chaleur.

Pas à l’africaine non plus : les charpentes suivent des plans conçus dans son agence à Berlin, des murs en voiles de terre banchée sont à l’étude, la logique bioclimatique est d’inspiration allemande.

Fort de son parcours entre Europe et Afrique, Kéré essaie, de « jeter un pont » entre les deux continents, pour profiter du meilleur des deux.

Il entend ainsi se battre contre la fascination exercée par le modèle occidental – ses parpaings, ses intérieurs climatisés – autant que contre la tentation caritative ou humanitaire qui définit encore souvent les échanges nord/sud.Il refuse simplement la facilité que représentent dans les pays pauvres les mauvais modèles que la plupart de ses confrères locaux vont chercher dans les catalogues occidentaux.

Alors que la production africaine n’est presque toujours qu’une mauvaise imitation des codes occidentaux, il apporte une alternative, en se réappropriant les savoirs de l’architecture vernaculaire. Il invente une nouvelle manière de construire «à l’africaine» qui ne relève plus du mimétisme mais d’une ré-interprétation des architectures occidentales-hésitant pas par exemple à construire en métal en zone sahélienne.

La force du travail de Francis Kéré est d’avoir démontré qu’il est possible de réaliser des bâtiments modernes en terre, grâce aux méthodes de construction locales, donc peu couteuses et facilement reproductible

L’architecte défend une autre voie possible, celle d’une culture hybride et inventive, porteuse de fierté et d’autonomie.

Kéré a travaillé comme professeur à son alma mater à Berlin. Pendant l’été du 2012, Kéré a enseigné à l’Université du Wisconsin à Milwaukee23 et, dès l’automne 2012, il est professeur à la Harvard Graduate School of Design. En 2013, il devient professeur à l’Académie d’architecture de Mendrisio, en Suisse.

Prix

Prix Aga Khan d’architecture26 (2004)

Global Award for Sustainable Architecture27 (2009)

BSI Swiss Architectural Award28 (2010)

Marcus Prize for Architecture29 (2011)

Regional Holcim Award Gold30 (2011) Africa Middle East

Global Holcim Award Gold31 (2012)

En lui souhaitant un jour Le prix Pritzker qui est est considéré comme le « Prix Nobel d’architecture » un prix d’architecture annuel décerné par un jury indépendant depuis 1979,qui récompense le travail d’un architecte vivant qui a montré, à travers ses projets et ses réalisations, les différentes facettes de son talent et qui a eu un apport significatif à l’architecture.

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www.kere-architecture.com

 

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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