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Projet de fin d’étude : Vivre avec l’eau à Dori,venise du Burkina Faso par Manon Longeville et Clara O’Neil

 Vivre avec l’eau à Dori ,Venise du Burkina-Faso  Vivre au rythme des saisons,vivre au cœur d’un oasis – Clara O’Neill – Manon Longeville  ENSAG JUIN 2013 Directeur d’étude : Patrick Thépot   Assistante : France Laure

 Vivre avec l’eau à Dori ,Venise du Burkina-Faso 

Vivre au rythme des saisons,vivre au cœur d’un oasis – Clara O’Neill – Manon Longeville  ENSAG JUIN 2013

Directeur d’étude : Patrick Thépot   Assistante : France Laure Labeeuw

Responsable du Master Aedification-Grands territoires-Villes: Françoise Very

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Nos interrogations et réflexions, portent sur la pertinence de l’implantation des habitations d’urgences dans le secteur sinistré. L’intention du projet est de proposer l’aménagement d’un nouveau quartier, s’appuyant sur l’extension urbaine de la ville de Dori, à l’Ouest de la Mare.

Notre proposition permet la mise en place de nouvelles formes d’habiter le territoire qui intègre à l’urbanisme actuel de nouvelles dimensions environnementales et sociales. Les enjeux principaux sont la gestion et l’optimisation de la ressource en eau par l’anticipation et la maîtrise réfléchie des inondations. L’eau des crues est dirigée en amont vers des bassins de rétentions, puis redistribuée par des canaux d’irrigation. Une agriculture en plateau utilisera ensuite ce stockage. Les aménagements forment un écosystème favorable au développement de la vie. Pour s’adapter aux crues et décrues de la mare, ainsi qu’aux différents milieux des plateaux d’agriculture, nous proposons des plateformes d’habitats flottants évolutifs, associés en grappe de concessions et mises en réseau le long des canaux d’irrigation.

L’extension du cadastre de la ville, permet d’apaiser les confrontations entre les milieux naturel et artificiel par un dialogue constant des habitants avec leur environnement. Le principe d’élaboration du tissu mis en place est de réagir en fonction des spécificités du terrain générant différentes fonctions, offrant une grande liberté de mise en œuvre, par la porosité et l’adaptation à son territoire. Le développement des jardins maraîchers à l’ouest de l’axe principal du cadastre, prend appuis sur l’extension des zones humides et boisés. Les activités agricoles qui en découlent se fonderont sur des jardins familiaux d’autosuffisance. L’oasis est le point de départ de l’expansion urbaine et commerciale. Les infrastructures offrent ainsi de grands potentiels d’aménagement, permettant d’introduire de nouveaux usages et de redessiner avec les acteurs locaux une nouvelle image de capitale régionale expérimentale, consciente du contexte sociale, économique et environnemental propres à son Grand Territoire. L’amorce de la mutation de la ville en continuité avec les réalités culturelles et territoriales, favoriserait l’adhésion des populations et donc la réussite.

Afin de s’inscrire dans la dynamique du développement local de la commune de Dori, de l’élever et de la maintenir au rang de capitale régionale. Nous proposons une hypothèse de quartier adaptable à un milieu inondable. La particularité de la commune est une double temporalité, qui rythme la vie des habitants et induit un mode de vie évolutif et adaptable aux changements climatiques. L’anticipation et la diminution des risques  se font par la planification et la gestion des ressources naturelles et tout particulièrement de l’eau.

Ces stratégies ouvrent de nouveaux horizons commerciaux, par le renforcement et l’accroissement de la production agro-sylvo-pastorale.

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Depuis les inondations il y a eu une réelle prise de conscience de la part des habitants. L’eau est vue comme une entité à risque dont il faut se protéger. Mais c’est également un atout du territoire, sur lequel on peut s’appuyer.

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Nos premières interrogations portent sur la pertinence de l’implantation d’habitats d’urgence dans le secteur sinistré. L’intention du projet est de proposer une adaptation, à l’ouest du futur tracé cadastrale, pour reloger la population et revaloriser l’économie pour un développement durable. Les atouts de la marre seront inclus à la stratégie du projet afin qu’elle ne soit pas vue comme une barrière ni une limite au développement d’extension de la ville.

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L’intégration et la revalorisation du milieu naturel tel les espaces de pâturage et d’agriculture sont des objectifs du nouvel aménagement. Les limites avec le milieu artificiel doivent s’effacer et les caractéristiques physiques du site se révéler. Le projet se développe au sud, profitant d’une relation direct avec la mare.

PLAN ZONING CANNAUX + AGRI

La liaison de la trame urbaine avec son environnement se fait par la prolongation des axes principaux et des chemins d’usages prioritaires faisant partie du milieu naturel. Leurs rencontrent marque des points d’ancrages spécifiques où se développent des points d’activités dynamiques qui serviront de support à une diversité de fonctions et d’usages.

06. vegetation jardin agri refait cadastre + CHEMIN

Cette vision prospective se déploie le long des axes prioritaires reliés par des axes secondaires qui émergent des points d’activités. Elle s’adapte pour révéler des réalités physiques et les porosités du site qui sont conservées. Cette structure au développement permet une infiltration du milieu naturel. Le tissu urbain s’appuie sur des dimensions existantes du cadastre, et fragmente le territoire.

DEV ACTI INFORMEL SUR GRILLE

Ainsi la double temporalité de la mare est exploitée pour gérer les problèmes d’inondation et optimiser la ressource en eau qui induit un fonctionnement en deux temps : drainer, stocker en saison humide,puiser dans les réserves en saison sèche.

qu.maraicher. sch extention milieu

Dans une logique de respect de l’environnement, des bassins naturels déjà présents sur le site, sont développés pour préserver les zones humides. Un système de bassins relais, permet la collecte des eaux de ruissellement et des crues de la mare. L’eau récupérée est ensuite répartie et distribué sur le site par des canaux d’irrigation de manière à récupérer des terrains marginaux.

11. Oasis 2

Afin de créer plusieurs plateaux agricoles, les aménagements forment un écosystème favorable au développement de la vie. La végétation et les espaces humides sont préservés. Ils s’étendront de manière à former des points d’ancrages à l’urbanisation. Le principe d’élaboration du tissu offre une grande liberté, il réagi selon les spécificités du terrain générant différentes fonctions. Ainsi un espace boisé engendre un espace prioritaire au développement végétal tout comme une zone humide, afin de conserver et amplifier les respirations urbaine.

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L’infiltration végétale s’étendra de manière à former des « oasis ». Ils seront envisagés comme des espaces en mutation qui ont un rôle à jouer dans le processus d’évolution et de protection de la ville. Nous proposons deux hypothèses d’intégration en milieux inondable : les plaines agricoles, et les jardins maraichers.

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L’installation de plateaux d’agriculture, dans un environnement inondable, nécessite une architecture à la structure modulable, adapté aux changements de niveaux des eaux.

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  • L’expérimentation est élaborée à partir d’une réflexion pour des habitats flottants
  • et est ensuite adapté à une échelle de construction plus vaste, pour les habitats amphibie.

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A Dori, le transport quotidien de l’eau s’effectue à l’aide de bidon en plastique, issue d’une filière existante de recyclage.

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  • Parfaitement utilisable pour le soubassement hydrofuge
  • Le socle repose sur des pilotis
  • Associé à un système de pilier empêchant la maison de dériver.
  • Pour l’habitat amphibie, il sera également possible d’employer des sacs remplie de terre ou de sable en fonction des moyens économiques.

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L’idée d’un module de référence nous a paru appropriée pour concilier les modes de vie actuels et l’utilisation de plateforme évolutive. Cette unité peut être démultipliée afin de créer des espaces de vies.

 

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Trois unités produiront une pièce principale qui changera d’usage suivant les différentes temporalités. Deux unités formeront une cuisine, extensible vers l’extérieur. Le jeu de décalage des volumes suivant la trame, permet de créer différents niveaux d’intimités. La surface de la plateforme de l’habitat minimal. est de 35m².

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L’utilisation du bois parait appropriée pour ce style de construction, puisqu’il permet une élasticité lors de la flottaison de la maison. L’enveloppe est composée de panneaux tressés amovibles qui permettent d’ajuster l’opacité en fonction des besoins et des envies des occupants.

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Ce logement minimal d’urgence sera le support de l’évolutivité des familles. Il les accompagnera vers une transformation pérenne. Les habitats flottants se déploient dans les plaines agricoles par une urbanisation douce dans l’environnement végétale et pour une adaptation optimale au site. Situés entre les berges ouest et le centre de la mare, elles seront utilisées pour une production commerciale à grande échelle.

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L’objectif est alors la conciliation entre lieux d’activités agricoles et lieux d’habitation.

  • A partir de l’habitat minimal, des hypothèses de déploiement sont possibles.
  • L’évolution concentrique ce fait autour de la plateforme extérieur, assimilée à la cours commune.
  • En ajoutant un ou plusieurs module supplémentaires composées de chambres, espaces de stockage, sanitaire… *

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Les grappes de concession prendront place au plus proche des cultures vivrières. Et sont connectées aux réseaux de mobilité par le biais de pontons flottants raccordé aux canaux d’irrigation.

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Dans une seconde phase, l’augmentation des équipements publics rendus possible grâce à l’économie agricole, permettra la croissance du quartier.

projet-de-fin-detude-vivre-avec-leau-a-dori-venise-du-burkinafaso-par-manon-longeville-et-clara-oneil-6Le terrassement maximise la rétention d’eau et donc les périodes de mise en cultures. Les denrées alimentaires produites serviront à assuré l’auto subsistance des populations et la création d’une filière commerciale. La production sera adapté aux différentes saisons afin d’être sûr de maîtriser l’approvisionnement en eau des usagers, et le fonctionnement du système pendant la période la plus sèche.

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Les espaces mutualisés associés à des lieux de rencontre et de partage pallient durant les crues, au manque de rapport au sol. Cette nouvelle forme de vivre le territoire est propice au développement d’une vie en communauté.

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Suite à l’aménagement des plaines agricoles, l’urbanisation dans les jardins maraîchers s’infiltrera de façon progressive par le biais d’habitats amphibies. Cet environnement semi-urbanisé humide est propice a l’agriculture. Le principe est d’avoir un double usage généré par la subdivision du cadastre en Surfaces cultivables et Surfaces habitables.

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La disposition des parcelles se fait en quinconce pour un respect de l’intimité de chacun. Pour une préservation des sols, un redécoupage permettra une densification en hauteur plus propice au style de vie urbain.

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Chaque famille propriétaire d’une concession bénéficiera d’un jardin de culture vivrière en lien direct avec son lieu de vie. Imprégné dans le végétale, le climat ombragé est propice à la détente et à l’échange.

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La disposition, le long des voies de mobilité, est favorable au développement d’activités qui s’intègrent dans les jardins familiaux. Des points d’occupations formels tels les coopérative agricole en tête de digue, encouragent le développement spontané. Dans un premier temps cette expansion s’effectue entre ces points d’activités régulées, le long des axes principaux. Dans un second temps les commerces informels : kiosques, maquis, s’étendront le long des axes secondaire.

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Cette alternative d’urbanisation est favorable, à une échelle locale au développement commercial. C’est un dispositif d’habitat amphibie résistant à de faible monté des eaux en territoire inondable.

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La question sociale est au cœur du processus. Par la mise en place de dispositif simple, on arrive à créer un écosystème évolutif répondant aux changements climatiques.Pour que l’expérimentation soit viable et transposable à d’autres territoires, ayant la même particularité, elle doit s’adapter aux couleurs locales, en respectant les valeurs et modes de vie du lieu.

Model

La façon dont les habitants de la commune de Dori investissent l’espace, en cherchant l’ombre dans les espaces boisés ou au coin d’un bâtiment, cultivant leurs champs, s’appropriant de manière informelle les bords de routes, sont les bases à partir desquelles le projet à été développé. En accord avec leurs modes de vie. En prenant en compte l’initiative et les intérêts communs, notre démarche se veut sociale. Nous promulguons la maitrise d’ouvrage participative.

PLAN PLATEFORME essai assemblage 4 SS COULEUR

Même si celle-ci semble utopique, notre proposition est une expérimentation qui s’inscrit dans les ambitions de la commune, pour la maintenir et l’élever au rang de capitale régionale.

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Réinventer l’espace inondable par la mise en relation des milieux urbains et naturels est un objectif. L’amorce de la mutation de la ville en continuité avec les réalités culturelles et territoriales, favoriserait l’adhésion des populations et donc la réussite du projet. Il ne s’agit pas seulement de proposer des habitats d’urgence, mais d’offrir à Dori de nouvelles perspectives de développement.

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Cette vision prospective est un processus qui peut être appliqué à d’autres communes. Ainsi Dori, pourrait être le support de nouvelles initiatives, au sein de territoires comportant des caractéristiques géomorphologiques similaires. Aborder sous différents angles, la participation au concours Art Urbain, la dynamique de travail en groupe, l’impossibilité d’appréhender physiquement le site, et les impératifs d’une commande réelle, nous ont permis d’enrichir notre travail de nouvelles thématiques, contraintes et forces. Ce qui fut propice à la réflexion et à l’imagination d’espaces en mutation pour une mise en projet innovante. Les infrastructures offrent ainsi de grands potentiels d’aménagement, permettant d’introduire de nouveaux usages et de redessiner avec les acteurs locaux une nouvelle image de capitale régionale expérimentale, consciente du contexte social, économique et environnemental propre à son Grand Territoire.

“People are the basis of every piece of work” Les gens sont à la base de chaque morceau de travail

Diébédo Francis Kéré

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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