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Réinventer le village à Ouagadougou, métropole du 3ème millénaire

Rendre son village à la ville A Ouagadoudou (Burkina-Faso), Halimatou Mama Awal et Soayouba Tiemtore (ENSA Grenoble) ont croisé deux ‘espèces’ a priori antinomiques : habitat spontané et planification urbaine. Soutenu en juin 2008, leur projet est

Rendre son village à la ville

A Ouagadoudou (Burkina-Faso), Halimatou Mama Awal et Soayouba Tiemtore (ENSA Grenoble) ont croisé deux ‘espèces’ a priori antinomiques : habitat spontané et planification urbaine. Soutenu en juin 2008, leur projet est celui d’une ‘ville-village’, où “les populations attirées par la métropole peuvent vivre selon les modes de subsistance villageois”.

La ville africaine s’étale et intègre les villages environnants en devenant métropole. Les villages se transforment en quartiers et gardent, dans certains cas, leur nom de village.

La ville-villages est un lieu de dialogue et de confrontation de deux cultures. On observe l’émergence d’une nouvelle forme d’urbanité aux qualités mêlées de ville et de village. Ce sont notamment les modes de vie villageois qui permettent aux populations les plus pauvres de survivre.

Notre réflexion porte sur la création de conditions permettant de reproduire, aux différentes échelles de l’édifice, de la ville et du territoire, les qualités de vie propres aux villages de ces nouveaux quartiers de la métropole que devient Ouagadougou. Considérés comme des zones en marge, accueillant les exclus, ces quartiers ne bénéficient d’aucun statut légal et coutumier. Pour autant, ils nous intéressent tant en termes de culture que d’organisation spatiale du territoire. C’est en reconnaissant cette culture que l’on peut déterminer des modes de production des qualités de la ville-villages.

Nous avons choisi de procéder à une double lecture de l’existant pour inventer des formes de programmation et de mise en œuvre d’une urbanité au caractère villageois permettant aux populations attirées par la métropole de vivre, au moins dans un premier temps, selon des modes de subsistance villageois. Notre objectif étant d’inventer de nouvelles formes de vie économique et sociale légales tout en permettant à ces populations de développer leur propre culture.

Une analyse de la ville de Ouagadougou nous a permis de repérer et prendre en compte les facteurs de développement urbain : les besoins, les moyens, les projections et préoccupations de la ville. Il s’agissait de déceler les éléments déclencheurs du projet de programmation de ville en corrélation avec la notion de ville-villages.

Le projet économique qui sous-tend nos propositions est le développement de la culture de la pharmacopée dont les activités sont déjà embryonnaires sur le site. La lecture spontanée du quartier permet de comprendre les modes d’habiter qui y sont développés. L’idée même de la programmation est de réaliser une multiplicité d’hybridations urbaines. L’imaginaire urbain devient alors un processus fictionnel de microprojets dont chacun pourra détourner l’usage comme bon lui semblera. C’est cette coexistence d’actions qui définira l’espace public de demain résultant de l’appropriation collective de l’espace.

Halimatou Mama Awal et Soayouba Tiemtore

Source http://www.lecourrierdelarchitecte.com/article_1215

Cet article est paru en première publication dans CyberArchi le 4 février 2010.

 

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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