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Rencontre avec Nicolas AKIDJETAN architecte-urbaniste, président de l’ordre des architectes du TOGO

[vc_row][vc_column][vc_column_text]Rencontre avec Nicolas AKIDJETAN  Architecte-Urbaniste, président de l'ordre des architectes du TOGO. Quelles sont les raisons pour lesquelles vous aviez choisi de devenir architecte-urbaniste ?  Nicolas Makissan AKIDJETAN, je suis né à KAMBOLE en 1966. Après l'obtention de

Rencontre avec Nicolas AKIDJETAN  Architecte-Urbaniste, président de l’ordre des architectes du TOGO.

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous aviez choisi de devenir architecte-urbaniste ? 

Nicolas Makissan AKIDJETAN, je suis né à KAMBOLE en 1966. Après l’obtention de mon baccalauréat C, j’ai commencé, 3 mois en médecine, et  j’ai finalement viré pour faire 5 ans à l’EAMAU. Ensuite , j’obtins mon Certificat d’étude approfondie en Habitat et Développement à Marseille puis fit une (01) année à l’Ecole d’Architecture de Marseille en Informatique Appliquée à l’ Architecture. Par la suite, j’ai continué avec le Centre Habitat et Développement (CHD) puis le Groupe d’Application des Méthodes Scientifiques à l’ Architecture et l’Urbanisme (GAMSAU). J’ai eu le BAC et je me suis inscrit en médecine poussé par l’entourage car cela convenait à la qualité de la mention que j’avais obtenu. Cependant, après 3 mois, j’ai raccroché et j’ai passé trois concours dont celui de l’EAMAU (Ecole Africaine des métiers de l’architecture et de l’Urbanisme )auxquels j’ai tous réussi. Entre continuer avec l’ENSI en Génie Mécanique , choisir la Fabrication sucrière en Chine et continuer avec l’ Architecture, mon choix porta sur l’EAMAU surtout attiré par le train de vie beaucoup plus intéressant des Architectes de l’époque.

Depuis combien de temps, exercez-vous?

J’exerce depuis 25 ans. Gérant du cabinet Archinova interrompu en 1999 par le poste d’assistant coordinateur de la filière Gestion urbaine à l’ Eamau de 2000 à 2006, puis reprise des fonctions du Directeur d’Archinova et depuis 2012, président de l’Ordre National des Architectes du TOGO.

Au cours de votre formation, aviez-vous eu des modèles d’architectes et/ou d’urbanistes ou aviez-vous fait des rencontres qui ont orienté ou influencé vos choix aujourd’hui ?

Mes plus grandes influences, viennent de mon parcours en Marketing de réseau et non en Architecture.J’ai beaucoup de respect pour Hassan Fatti, l’Egyptien qui est malheureusement mort pauvre mais qui a ouvert un grand chemin dans l’accompagnement des populations, car l’architecte a un rôle social. Oscar Niemeyer qui a travaillé jusqu’à son dernier souffle et qui, 3 mois avant sa mort à l’âge de 105 ans a encore remporté un concours. Pour ma part, parlant de modèle qui ne serait pas Architecte , je dirai automatiquement le professeur Paul Ayih,Paix à son âme.

Parlez-nous de votre cabinet ? Combien d’employés avez-vous déjà ? Quel est le projet phare de votre agence? Quels sont les gros projets sur lesquels votre cabinet intervient ?

Au cabinet, nous sommes 21 dont 6 architectes et nous avons l’objectif d’augmenter l’ effectif des architectes. Nous sommes spécialisés par la force des choses dans l’ aménagement bancaire. Cependant, nous n’avons pas encore eu la chance de construire un grand siège de banque à part le siège de Coris Bank que nous avons récemment aménagé. Nous avons eu à livrer tout dernièrement dix (10) nouvelles agences en rénovation pour la Banque Atlantique. Nous avons beaucoup de projets fabuleux dans nos tiroirs et espérons pouvoir les réaliser un jour.

Quelles sont selon vous les difficultés de l’exercice du métier au TOGO?

La profession manque de visibilité et de reconnaissance. Il existe certes des architectes mais les préjugés sont tellement forts que la population a peur de ces derniers. Les gens ne veulent pas confier leurs maisons aux Architectes lorsqu’ils veulent construire. Les gens ont plus peur de l’ Architecte que de l’hôpital ou de la justice.

Avez-vous déjà été invité sur des sujets de développement urbain des villes du pays? Si oui, quelles sont vos analyses de ses expériences ?

Oui. Aux côtés du ministère de tutelle, ministère de l’urbanisme et de l’habitat  j’ai participé à plusieurs réflexions sur des projets sociaux et les schémas directeurs .Il y a beaucoup de projets mais qui prennent énormément de temps à se mettre en place. Du coup, la population ne voyant pas encore les résultats devient sceptique et se met à se débrouiller pour mettre en place certains systèmes entrainant l’anarchie qu’on observe. Beaucoup de réalisations ne sont pas précédées d’études complètes, ce qui fait observer des improvisations de la part de certaines entreprises . Ainsi, on peut observer des réaménagements d’une voie qui entrainent la surélévation de la chaussée d’où un problème d’inondation à venir, par exemple.

Selon vous, à quelle problématique africaine les travaux en matière d’urbanisme et d’architecture devraient s’intéresser ?

D’abord ,il faudrait savoir que l’architecture et l’urbanisme d’aujourd’hui vont nourrir l’archéologie de demain. Et donc l’on doit pouvoir exprimer à travers nos projets, toute notre culture et sans complexe. Notre culture n’étant pas seulement matérielle, il s’avère important d’exprimer aussi l’immatérielle.

Comment imaginez-vous Lomé dans 10 ans? Comment pensez-vous le développement durable au TOGO ?

Avec la dynamique actuelle, je reste optimiste que Lomé sera une ville moderne mais je pense que la croissance de la population n’alerte pas suffisamment les autorités. Dans 10 à 20 ans, Lomé atteindra pratiquement les 3 millions soit la moitié de la population togolaise d’où il faudrait déjà commencer à sensibiliser la population au changement du mode de vie. Posséder une école, une clinique n’est pas un besoin fondamental. Posséder une maison, non plus. Il faut que les togolais acceptent les copropriétés. Cela leur permettrait d’investir dans d’autres domaines porteurs de projets, le cas contraire les tirant vers l’appauvrissement.Le développement du TOGO sera durable ou pas. Je suis issu d’une famille moyenne et ce que j’ai appris, c’est que pour changer la donne, nous devons créer la richesse.Il faut penser le TOGO comme un pays de riche et non ,un pays de pauvre. Tout se passe dans la tête.Il vaut mieux 100 km de voie bitumée mais bien faite que 200 km de voie mal faite qui crée des nids de poule en 2 ans. N’ayant pas les moyens de nos énergies, l’Etat devrait investir dans les énergies renouvelables, pour notre confort actuel en pensant aux générations futures. L’Etat devrait communiquer sur ces actions afin que la population adhère. Le togolais doit se lancer dans la politique, il doit oser.

Un message aux Architectes Togolais

Félicitations aux Architectes, car c’est le choix d’un métier noble. C’est un privilège mais c’est d’abord une responsabilité. Il faut en être conscient pour participer au développement de notre cadre de vie, de nos paysages urbains et ne pas se laisser entrainer par l’appât du gain qui est source d’erreur.Contrairement au médecin qui enterre ses erreurs, ce sont les erreurs de l’Architecte qui l’enterrent par la perte automatique de la clientèle. Nous participons à l’un des cinq(05) besoins fondamentaux de l’Homme, c’est- à-dire “se loger”. Nous nous sommes ainsi engagés à contribuer au bien être de l’Homme . C’est en faisant cela qu’on sera reconnu et que les populations se tourneront plus vers nous qu’à ceux de l’extérieur car l’expertise locale est de plus en plus de bonne qualité.Nous sommes peu nombreux pour cette population, nous devons promouvoir la profession.

Merci à Archicaine, félicitations pour l’initiative. J’imagine les difficultés mais, je vous souhaite plein de succès car je peux vous assurer que vous êtes sur la bonne voie.

faridageraldo24@gmail.com

Architecte-urbaniste diplômée de l’EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme à Lomé au TOGO). Depuis peu intégrée dans l'Ordre National des Architectes du Togo. Elle a une vie associative très épanouie, ce qui lui a valu de défendre les valeurs de son métier à travers son implication en tant que responsable de l’équipe Webmagazine Archicaine au Togo.

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