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Rencontre avec ROBERT Corentin, THIERY Anna et BOUCHARD Samuel stagiaires à lomé

C’est la période des vacances et l’occasion pour les étudiants des écoles et universités d’effectuer un stage afin de mettre en pratique les connaissances théoriques acquises au cours de l’année. En architecture, comme bien d’autres

C’est la période des vacances et l’occasion pour les étudiants des écoles et universités d’effectuer un stage afin de mettre en pratique les connaissances théoriques acquises au cours de l’année. En architecture, comme bien d’autres domaines, le voyage à l’étranger devient une expérience qui va avec à la formation.

  De plus en plus  d’étudiants font leurs stages à l’étranger, pour la découverte d’une autre culture, l’acquisition de nouvelles méthodes de travail. Nous avons rencontré à Lomé au TOGO (Afrique de l’Ouest), un trio d’étudiants venant de l’école nationale supérieure d’architecture de Lyon en France et qui effectuent actuellement leur stage dans une agence d’architecture du pays  . Rencontre avec ROBERT Corentin, THIERY Anna et BOUCHARD Samuel….

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Dans la tranche d’âge de la vingtaine, tous sont à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon en France. Après, un parcours Bac S, ils sont en Licence 2 à l’ENSAL à l’exception de Corentin et Anna qui effectuent un double cursus Architecte-Ingénieur.

Pourquoi avoir décidé de faire un stage dans un milieu totalement différent de vos cultures,l’Afrique ?

Corantin : c’est un choix personnel. Envie d’enrichir ma culture architecturale, d’observer le développement urbain, le rapport au climat et aux traditions. Nouvelle expérience humaine et plaisir du voyage.

Pourquoi le Togo ? car c’est un point d’accroche.

Anna : choix personnel, initiative introduite, il y a 2 ans. Envie d’approfondir ma compréhension des usages, du mode d’habiter de l’Afrique de l’Ouest

Pourquoi le Togo ? Mon oncle a vécu et est au Togo depuis deux ans , l’opportunité de partir par le biais d’une association déjà connue d’autres élèves et curieuse de connaître le pays dont mon oncle est tombé amoureux.

Quels sont les premières observations  de votre lecture de la ville de Lomé? Selon vous, à quelle problématique africaine les travaux en matière d’urbanisme devraient s’intéresser ?

Corentin : Pratique de l’auto construction, construction autour de cours centrales. Beaucoup de constructions inachevées. Culture du marché très présente. Comme problématiques, l’on peut relever : le développement des infrastructures (axe, assainissement) et d’équipement (musée, hôpitaux) traitement des déchets ; valorisation du patrimoine culturel et géographique (entretien du littoral, règles de construction, respect du paysage)

Samuel : Morphologie urbaine très hétérogène. Les gens vivent beaucoup dehors. Les travaux en matière d’urbanisme devraient s’intéresser à l’écoulement des eaux sur la voirie, notamment celle en terre battue.

Anna : Tissu urbain très peu dense (voiries très étendues, petits îlots très denses). Beaucoup de verdure, une urbanisation horizontale qui donne à Lomé un aspect d’immense village et en fait une capitale non oppressante (comparaison avec Dakar). Appropriation de l’espace qui parait vernaculaire, en contradiction avec un plan suivant les normes. Visibilité du problème foncier par la quantité de chantiers abandonnés. La largeur des voies impacte énormément la vision de Lomé, permet l’appropriation vernaculaire des abords de la rue dans ce désordre organisé propre au charme et à la facilité de la vie en Afrique (commerces de proximité omniprésents, vie à l’extérieur…)

Votre avis sur la prise en compte des enjeux environnementaux à Lomé par rapport à vos projets habituels ?

Corentin : A l’école, nous travaillons sur la conception bioclimatique. Il est intéressant de voir le projet par le facteur climat.

Samuel : L’environnement semble assez secondaire en Afrique. Cela se comprend aisément. J’ai, cependant noté en plus, que la ville est perméable. En effet, grâce aux nombreuses routes en terre, l’eau peut s’infiltrer dans le sol. Une ville bitumée comme on en a en France n’aurait une capacité d’absorption suffisante pour essuyer une saison de pluies africaines.

Anna : Prise en compte du tissu urbain du site bien moins importante qu’en Occident, débouchant à une hétérogenéité de l’espace public mais permet une mixité sociale au sein du quartier.

Comparez un aspect du fonctionnement des stages dans votre pays et au Togo dans le cadre de la formation?

L’approche ici est très pédagogique (projet fictif, système rendu) tandis qu’en France, il est plus pratique.

Quelles sont les faiblesses sur le plan architectural que vous observez à propos des projets?

Corentin : Je n’ai pas l’impression que les Architectes aient beaucoup de possibilités en termes de système constructif.

Samuel : Le choix du matériau est très limité.

Anna : Peu de choix de matériaux et systèmes constructifs qui impactent la diversité dans l’architecture.

Un message aux étudiants en architecture au Togo?

Corentin : « L’architecture est expression de la culture ».Mais, ce n’est pas ce qui marque (il faut trouver une solution alternative au parpaing)

Samuel :

C’est un peu facile à dire lorsqu’on ne construit pas ici, mais il serait intéressant de s’intéresser à d’autres matériaux que le béton. J’ai cru comprendre que traditionnellement on construisait en bois et en argile. Pourquoi a-t-on arrêté ? J’avais lu un livre de Simon Vélèz, un architecte qui construit en bambous. D’après ce livre, on trouve des espèces de bambous adaptés à la construction dans tous les continents excepté l’Europe. Il serait intéressant de savoir si une telle variété de bambous existe au Togo pour l’employer.

Anna : Le plus beau métier du monde dans un pays magnifique ne peut que s’épanouir avec le temps.

Se frotter à d’autres regards en Architecture permet de découvrir, de partager et d’échanger.

Cette rencontre avec ces jeunes stagiaires lyonnais au TOGO nous permet d’avoir de nouveaux regards sur le secteur de l’aménagement (au TOGO ) sur le plan de la formation jusqu’à la pratique en Agence.Le pays d’accueil de ses étudiants est le Togo mais pourrait être n’importe quel autre pays d’Afrique. A l’orée de la nouvelle ère de développement amorcé, en tant qu’architectes, nous sommes interpellés à avoir un choix plus large en matière de matériaux et de systèmes constructifs. En tant que citoyens, il est de notre devoir de respecter le code de la construction et toutes les règles d’urbanisme afin d’harmoniser tous les grands projets de développement dans un climat professionnel, social et serein.

Par Farida Géraldo Architecte Urbanisme

Archicaine Lomé TOGO

faridageraldo24@gmail.com

Architecte-urbaniste diplômée de l’EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme à Lomé au TOGO). Depuis peu intégrée dans l'Ordre National des Architectes du Togo. Elle a une vie associative très épanouie, ce qui lui a valu de défendre les valeurs de son métier à travers son implication en tant que responsable de l’équipe Webmagazine Archicaine au Togo.

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