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BURKINA FASO.Projet de l’ecole primaire Belem kamba par Philippe Beniti Ouedraogo

Le projet se situe dans une région du Burkina Faso, dans la commune rurale de Tèma Bokin. Le Burkina Faso, ou pays des hommes intègres, se situe en Afrique de l’Ouest; son climat tropical est de

Le projet se situe dans une région du Burkina Faso, dans la commune rurale de Tèma Bokin.
Le Burkina Faso, ou pays des hommes intègres, se situe en Afrique de l’Ouest; son climat tropical est de type soudano-sahélien .Les températures moyennes varient entre 16 et 45 degrés avec deux saisons très contrastées (sèche et pluvieuse). En plein développement , grâce à une activité économique et commerciale intense centrée sur son “grand marché“ , le département de Bokin voit, depuis quelques années, son expansion urbaine croître de manière soutenue.Cette croissance de la population, ne s’accompagne malheureusement pas,  d’une mise en place d’infrastructures notamment scolaires. C’est pour pallier cette insuffisance que l’idée de construire un complexe scolaire dans la localité de Tèma-Bokin a germé en vue d’augmenter l’offre en capacité éducative.

Choix du site d’implantation.

Dans les villages au Burkina Faso comme dans plusieurs pays africains, se réunir autour de l’arbre à palabres pour diverses activités a toujours fait partie intégrante de la culture dans la sous-région. Ainsi, l’image de l’arbre à palabres renvoie à un symbole fort et identitaire des pays africains.
C’est donc cet aspect qui était recherché dans l’implantation du projet autant pour l’utilité de cet environnement, pour s’abriter et se rafraichir que pour le respect et la valorisation de la culture locale.

Le terrain ainsi choisi répond parfaitement au souci d’une recherche identitaire de par cet aspect fortement boisé.Par ailleurs, le grand terrain de sport, de par sa proximité avec le centre économique qu’est le marché, centre vivant par excellence, pourrait être d’une grande utilité en accueillant diverses activités.Une articulation est ainsi créée tout en développant une synergie entre ces différents espaces. L’école en devient urbaine et intègre le tissu existant.

Le Parti architectural.

Le concept architectural de cette école tenait à une simplicité  possible et une intégration de tous les éléments conceptuels qui tranchent avec les codes existants dans les écoles de la sous région.

En plus de créer une école qui répond aux besoins fonctionnels d’enseignement, le projet ambitionne de créer une valeur ajoutée à l’enseignement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui dans les villages au Burkina Faso.Briser les murs et créer des activités communes sont les idées fortes qui orientent la conception architecturale.

C’est dans le sens d’un équipement collectif qu’est venue l’idée de ce projet. Plusieurs conceptions architecturales d’équipements publics tendent à renforcer l’espace collectif et le partage d’activités.Une réflexion est alors portée sur comment apporter cet espace de partage dans un programme de salles de classe.Comme on peut le retrouver dans plusieurs écoles on a une allée longitudinale avec des classes disposées de façon successive dans la longueur.

Pour changer ce caractère, il est proposé un principe de composition qui permettrait de créer entre les salles de classe, des espaces ouverts sur ces dernières. Ces espaces de par leur conception pourraient s’ouvrir à plusieurs types d’activités différentes.(dans le cas du projet il s’agit d’espaces de lectures et de détente).

Par un système de paroi coulissante cet espace entre deux salles sera modulable et ouvert sur l’extérieur. L’idée de paroi coulissante se présente comme la solution la plus adéquate car, facile à manipuler par les enfants, elle intègre aussi un coté ludique permettant de définir la nature de l’intimité de l’espace que l’on veut créer.Ainsi le caractère des salles de classe change selon les envies et les saisons et ainsi deux classes (par exemple les CM2 dans le système Français) peuvent partager un cours en commun, des heures creuses ou autres activités .

Explication sur la partie technique

La brique choisie est composée de terre compressée et de ciment pour une meilleure résistance et durabilité. Ce qui  permettra de réduire l’usage de béton et par la même occasion répondre à des contraintes techniques et environnementales du contexte local. La ventilation des salles de classes fait l’objet d’attention particulière.

En effet Au Burkina Faso la température peut dépasser 40 degrés pendant la période sèche. En plus du matériau local utilisé qui répond mieux aux conditions thermiques, il faut assurer une bonne circulation de l’air. Voilà pourquoi , pour assurer une ventilation passive en plus de celle active que l’on peut créer mécaniquement en ouvrant une fenêtre, à l’aide d’un clapet amovible, il est créé une entrée d’air  dans le bâtiment par la base. Cet air qui, grâce à la zone d’implantation, bénéfice d’une certaine abondance végétale pour la rafraichir.

Lorsque l’air est vicié il est évacué naturellement par les pores créés dans le plafond et par convection naturelle assurée par les pores en façade, il est évacué hors du bâtiment.

Quant à la double toiture, elle est ici réinterprétée pour être intégrée dans le volume même du bâtiment.

Quelques mots sur l’architecte.

Natif du Burkina Faso, Philippe Béniti Ouedraogo est un jeune architecte Burkinabé qui exerce en Belgique. Du Burkina Faso, c’est en possession de son diplôme d’étude secondaire que celui-ci entame sa formation d’architecte en Tunisie pour ensuite la parachever en Belgique. Ce sont ces trois pays aux cultures différentes qui ont  forgé l’architecte qu’il est aujourd’hui. Il tire de ses cultures traversées, son sens critique du projet et du contexte dans lequel il le développe. Il ne se définit pas comme un architecte qui va révolutionner la profession ou changer les codes d’une architecture pré-établie mais plutôt comme un architecte qui essaie de faire une architecture de qualité. Cette qualité selon lui passe par une compréhension de la demande, des attentes, et une bonne connaissance du contexte du projet. Le contexte architectural du Burkina Faso comme plusieurs pays d’Afrique oblige l’architecte à s’interroger sur la nature de son intervention  et sur le territoire du projet.  Dans le cadre du concours archi-ingénieur de 2017 il a eu ainsi l’opportunité d’une intervention  concrète dans une des régions du Burkina Faso qui lui est d’ailleurs très familière. Il s’associe avec un confrère ami architecte français  Amic Laurent , partageant la même passion et ambition pour le développement de l’architecture en Afrique ils se sont lancés sur diverses projets sur le continent.

nicouer@yahoo.fr

Architecte diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Consultant en Innovation, Steve est le fondateur et directeur de publication du webmagaine archicaine.

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